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Ils écrivent...
Jean-Michel Fatou sait que pour accéder à l'Art il est nécessaire d'interroger les profondeurs de l'Etre, de réveiller l'amour qui s'endort, de sentir la solitude face au monde, de reconnaître le seuil où se produit l'inespéré.

Il affectionne le modèle vivant. Par un seul trait, tantôt il se déjoue de la logique, tantôt il épouse la réalité absolue dans une vibration de chair. L'artiste rend un dessin plein de vie. Le caractère du modèle se fixe sur le papier, au point d'en reconnaître toutes les variations d'états d'âme du moment. Il est nécessaire de maîtriser le dessin classique pour échapper au classicisme avec autant de liberté et de justesse.
Une dialectique s'instaure entre le modèle et le peintre, un va-et-vient autour de la vie. Le vide aspire d'amour dans un chemin qui ne se choisit pas, mais qui s'impose. Le trait est décisif et définitif. Parfois des tâches s'éparpillent par hasard comme des étoiles noires signifiant l'universel. Des improvisations au gré des jours et des moments, comme une marche secrète où l'ombre et la lumière sont juste séparées par un trait. Le sujet peut être une femme, un objet ou un paysage, tout est travaillé avec la même sensibilité, avec le même souffle intérieur.

Une commode, un buffet occupent l'espace de la feuille, avec une vibration intense. Comment donner vie à de simples meubles ? Le processus perceptif à une invariable séquence que seuls les vrais artistes possèdent, c'est la faculté de rendre visible, de faire émerger au dehors, en faisant le geste de regarder le dedans.

E.MATEU – Avril 2009 – (Extrait)

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Il convient de considérer de façon très élargie les croix, les taches, les griffures comme des représentations de ce qui touche à « l’esprit », au sacré, à la culture, au vide, à la mort aussi…

La symbolique sexuelle explicite, représente les aspects physiques et instinctifs profonds, le coté de l’amour charnel, la complémentarité des sexes en même temps que leurs caractères spécifiques et bien réels.

Une interprétation « partisane », sectaire, trop superficielle ou pré établie de la symbolique présente sur mes travaux ne permettrait pas de comprendre que le cœur de ma démarche ne se situe pas dans une dynamique dénonciation ou d’appartenance, mais dans une nécessité existentielle et personnelle d’interrogation et de remise en cause permanente.


Réflexions :

L’encre et le trait se sont imposés ces derniers temps et ont traduit chaque instant passé avec la spontanéité et la rapidité qu’ils permettent.
Tous les travaux présentés sont exécutés sans repentirs d’un seul jet rapide. Cette approche qui inclue l’expérience, mais ou le geste immédiat traduit la qualité de l’instant, force la sincérité. Du coup, le trait interroge à son tour et ainsi s’établit une dynamique rapide de constat et de création qui oblige à aller de l’avant. Les traces qui restent inscrites sur le papier ne sont qu’un reflet de l’instant et n’appartiennent qu’au moment où elles ont été créées.
C’est surement cette notion du caractère éphémère et donc de « dynamique de la vie » prise au sens large qui m’interroge le plus. Cette approche conduit inévitablement à relativiser et à prendre du recul par rapport à « la transmission culturelle » quand elle se présente comme une certitude immuable et non pas comme un tout évolutif et accepté.

Le trait qui ceinture un corps, n’existe pas en réalité. Il est pourtant capable de traduire cette frontière entre les éléments et de suggérer d’un coté le corps dans sa chair et de l’autre, « l’extérieur » du corps physique. Quand le trait seulement est préssenti, mais qu’il n’existe pas, il permet cette fusion entre les domaines « de la chair » et de « l’esprit ».

Si les matériaux restent simples et similaires dans tous les travaux présentés, le traitement pictural oscille entre une représentation sculpturale plus « guidée » et une représentation plus instinctive et émotive.

Jm. Fatou, mai 2009

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ADA : Magazine - septembre 2008

Entretien. Le Modèle vivant,

Rencontre avec Jean-Michel Fatou, plasticien


L’homme est discret. Pour peu qu’il ait confiance, il se met à parler à flux ininterrompu, dit qu’il a pratiqué longtemps la photographie, puis l’aquarelle et la peinture.
À un moment donné, il n’y a eu plus que du blanc dans mes aquarelles, la lumière avait tout envahi. Alors j’ai abordé la peinture, nouveau champ d’expression où j’ai retrouvé «mes» personnages. En même temps mes propres frustrations et mes tourments.
Les gens. Ils sont indissociables de son travail. Il déborde de tendresse pour eux.
Quand j’étais photographe, les marginaux et les vieillards solitaires m’attiraient. Bien sûr qu’au travers d’eux, je me cherchais moi-même. Un jour j’ai eu conscience de cette chasse et j’ai décidé de prendre les choses de front. Le passage à la peinture a marqué le début de mon introspection.
Depuis quelques années, il travaille à l’encre d’après modèle vivant une de ses plus belles expériences, pratique le dessin au trait «sans repentir».
Peu à peu l’œil ose, voit la peau, les vibrations. Tout est là, devant soi. Rien ne s’invente. Le peintre regarde le modèle, le support, le trait en train de se faire, et soudain l’énergie circule. Oui, il faut atteindre un certain état d’esprit : être à la fois présent et distant, s’interdire d’analyser, de reprendre le trait… Au fond pour bien dessiner, il faut aimer.

Je lui demande quels ont été les personnages qui ont compté dans son parcours.

D’abord mon grand-père. Il était magistrat, sensible à la défense des droits de l’homme, aussi violoniste et pianiste. Je me souviens d’un piano à queue dans une grande pièce, de la beauté de la musique qu’il y jouait. Parfois il m’emmenait à la campagne et nous faisions de l’aquarelle. Il avait connu la guerre, les camps de prisonniers et il parlait de liberté. Ensuite il y a eu mon père. C’est lui qui m’a donné son Réflex et m’a initié à la photographie.
Au gré de l’échange, Jean-Michel Fatou a évoqué les compositions de Cartier-Bresson, Amarcord, de Fellini, Les Ménines, de Vélasquez, Van Gogh et sa conscience du rythme, le talent fou de Picasso (entretien réalisé par Françoise Renaud en juillet 2008).

Entretien réalisé par Françoise Renaud en juillet 2008. (Fiche de l'auteur).

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Artiste contemporain, Fatou est un plasticien de la modernité, dans le sens de la démarche créatrice.
La dynamique picturale est structurale, faite dans un souci d’expressivité explicite. Couleurs et étendues sont savamment proportionnées, comme si fussent le résultat d’une équation mathématique, cependant l’art de Fatou ne peut être circonscrit par la seule esthétique.


Sous l’apparence limpide d’une élégante plasticité, il se cache un combat de symbolismes de nature psychologique et c’est peut-être là que Fatou échappe à toute catégorisation.
Cet artiste est en quête d’aventure plastique et de recherche ontologique d’une profondeur peu commune. Chaque élément de sa composition est l’expression énigmatique d’une situation humaine, chaque signe cache un sens, une justification parfois inconsciente.
Concepts et métaphores s’incorporent dans l’œuvre, et même dans le plus simple dessin, la recherche d’une expression humainement symbolique est à l’œuvre.


Le graphisme est hautement maîtrisé, les couleurs sont exubérantes et inattendues. Le contraste entre les fonds vaporeux et les aplats de couleurs franches, voir des matériaux collés, sont d’une excellente efficacité.


Fatou refuse le systématisme, c’est pourquoi chaque toile est unique, aussi bien dans son apparaître sensible que dans la manifestation d’un récit intelligible sous-jacent.
Cette double dimension fait résonance à la doctrine de l’Ut pictura poesis des anciens, qui donnaient une idéalisation du sens à l’œuvre picturale.

E.MATEU

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Texte de Philippe GUY pour le Vernissage FATOU.
Exposition personnelle, Hôtel de Ville de CASTELNAU LE LEZ du 05 au 30 mars 2007

Lundi 5 mars 2007

Né à Aix-en-Provence le 7 août 1953, Jean-Michel Fatou s'intéresse très jeune à la photographie, art qu'il pratiquera jusqu'à la fin des années 80.
L'attrait de la figure humaine sous ses divers états, la sensibilité que lui inspire ce regard à la fois si quotidien et si singulier, l'enrichissement de sa recherche par le biais de stages de formation, la rencontre fructueuse avec des photographes professionnels sont autant de gages d'ouverture vers de nouveaux vecteurs d'expression et de créativité artistique.

C'est ainsi que Jean-Michel, en autodidacte inspiré, aborde la peinture, domaine qu'il ne quittera plus, mais à l'intérieur duquel il ne cessera d'évoluer, tant dans le style et la technique de réalisation que dans l'approche psychologique et créatrice.

Après l'aquarelle, sa rencontre avec Anna Sobjerajski l'ouvre à des modes nouveaux, mais toujours centrés sur le corps humain et ses ressorts.
Ce sont précisément ces ressorts qui vont se révéler à l'artiste dans sa rencontre avec le modèle vivant, dont la générosité artistique et l'élan créatif sont ressentis par le peintre comme un acte de fusion et d'amour.
Dans cette approche spontanée et directe, chaque élément du corps humain est en action: le modèle suggère, l'artiste le saisit. Face à l'expression d'une sensibilité exacerbée, il se laisse pénétrer par des émotions et des sensations qui lui révèlent la véritable essence de l'être.
Jean-Michel nous dit définir cela par la notion d'infini. Pour lui, tout se passe comme si la vibration du modèle A travers tout son corps trouvait son prolongement dans la réalisation spontanée et presque incontrôlée de l'œuvre.
Pour l'artiste, cette étape produit à un moment donné du processus à ce qu’il appelle l'« énergie instinctive », qui apporte au travail la touche d’équilibre et en clôture la réalisation.

Pour avoir rendu visite à Jean-Michel à son domicile, j'ai pu constater un parallèle entre la manière très personnelle qu'il a de présenter son art et le cheminement humain et artistique qui accompagne toutes ses créations. D'abord, une amorce un rien timide et modeste, mais toujours motivée, puis une ouverture vers un centre d’intérêt et un thème qu'il développe avec une volubilité croissante dans une sorte d'analyse approfondie et intime, enfin la révélation de la clef de l'œuvre et de ce fameux équilibre décrit précédemment.

Dans la réalité créatrice de Fatou, on se rend compte que le support, le mode ou le matériel utilisés sont accessoires ; ce qui importe vraiment et qui est la source de tout, c'est de préserver le vrai moteur de la création, celui qui dérange l’ordre établi et qui surprend l'artiste, puis les public, en l’obligeant à lâcher la rampe, a refuser le systématisme et a considérer que chaque toile est unique, aussi bien dans sa dimension esthétique et sensible que dans sa résonance symbolique.

Après avoir participe a de multiples manifestations collectives avec deux prix à la clef, il était temps de consacrer à FATOU une exposition bien à lui afin que soient présentées une grande partie de son œuvre et l'étendue de son immense talent. C'est aujourd'hui chose faite au sein de l'Hôtel de Ville de notre commune.

Cher Michel, au nom de la Municipalité et des nombreux amateurs d'art pictural ici présents, et de ceux qui viendront apprécier vos œuvres, je vous en remercie.

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Teyran info décembre 2006 (Championat de France de Savate Boxe Française)

Teyran info septembre 2006 (Teyran Sports Passions)

Teyran info septembre 2006 (Semi-marathon des vendanges)